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 EDEN&AARON » Safe in your arms

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Je m'apelle : xL2auurie et j'ai : 21 ans J'ai débarqué le : 20/06/2016 sur Amazing People. J'ai posté : 15 messages. J'ai choisi : Crystal Reed comme célébrité et je dois mon avatar à : Angeldust Je suis un peu schizo, voici mes autres comptes : Ciaràn Rowlings


Coucou, moi c'est : Jazz et j'ai : 23 Ans. Actuellement, je suis : étudiante en sciences comportementales et j'ai une préférence : hétérosexuelle. J'ai : pas d'enfants. Je suis étudiant(e) et je me suis orienté(e) vers : les sciences du comportements.


MessageSujet: EDEN&AARON » Safe in your arms    Jeu 23 Juin 2016 - 0:10

J'arrive pas à te sortir de ma tête.  C'est dingue comme de simples yeux couleur de ciel peuvent me rendre autant accroc. Et ce sourire. Ces belles lèvres doucement rosées qu'on aimerait goûter. Je déposerai les plus beaux baisers sur cette bouche. Ton rire habille mes journées, ta voix rythme mes nuits. En fait, tu me fais tourner la tête. J'espère que tu penses à moi aussi, parce que j'aurai l'air ridicule de t'accorder autant de rêves et de pensées si ce n'était pas réciproque...

Son sac sur l'épaule, Eden marchait d'un pas rapide, presque fuyant. Elle se sentait tellement infaillible sous cette épaisse couche de font de teint  ventant une couvrante exceptionnelle qu'elle en avait oublié son comportement. Devant un professeur en sciences du comportement, cela faisait tout de suite mauvais genre. Fonçant littéralement dans les premières toilettes à sa portée, bousculant les aitres élèves au passage et s'arrachant quelques insulte en même temps, la jeune femme se hâtait de vérifier son maquillage qui était pourtant parfaitement réussi. Sans doute son comportement avait il du la trahir. La jolie brune avait pourtant tenté de conserver son calme sous les question intrusives et personnelles de son professeur de sciences comportementales, mais son cœur avait accéléré sous son regard clair insistant. Lui jurer que tout allait pour le mieux et qu'elle était simplement préoccupée par les examens de fins d'années n'avaient visiblement pas suffit au bel homme. De toute évidence, Eden était bien meilleure maquilleuse que menteuse. Bien qu'elle ne doutait pas réellement de ses capacités d'introspection et de contournement, la jeune femme devait admettre qu'il était réellement doué dans son job, ce devait être la raison pour laquelle on faisait tant appel à lui au FBI. Appuyée contre l'évier des toilettes des filles, Eden maitrisait tant bien que mal son souffle perturbé par la colère intense, et aussi la crainte. La crainte qu'on puisse découvrir son secret qu'elle cachait depuis de si longs mois la rongeait littéralement de l'intérieur. La crainte et la colère étaient les deux émotions dominantes rythmant son quotidien douloureux.

Son histoire d'amour paraissait tellement idyllique que personne ne pouvait se permettre de penser une seule seconde qu'elle puisse être en proie à des violences domestiques, et depuis peu forcée à avoir des relations sexuelles non consentie, mieux connues sous un terme qu'elle ne supportait pas entendre. Tout semblait parfait entre elle et Jayden, au premier abord seulement, mais lorsqu'on s'y penchait un peu plus, le terrible tableau sautait aux yeux. Mais personne ne s'y était réellement penché, devant le sourire constamment forcé de la jolie brune. Sous leur allure de couple parfait, Eden subissait en réalité la pression et des coups quotidien de l'homme qu'elle eut un jour aimé et qui s'était transformé en un être tyrannique sans aucune conscience morale. Eden pensait son secret bien gardé, mais Mr Cameron remettait désormais tous ses plans en question, la plongeant dans le doute le plus profond. Et s'il parlait ? Si d'autres savaient ?

Jayden avait réussi à séduire la jeune femme de part son charisme, son sourire ravageur et son corps de rêve. Sportif accompli, Jay se donnait à fond dans son équipe de basket dont il était le capitaine, dans le but d'être peut-être un jour remarqué par un recruteur de haut niveau. Eden l'avait soutenu durant un an, et même plus avant qu'il ne change complètement de caractère. Leur histoire était tellement parfaite que rien ne pouvait l'entacher, jusqu'à ce que le jeune homme ne prenne la grosse tête et ne passe la plus part de son temps à trainer avec ses collègues. Rapidement plongé dans les sorties, l'alcool coulant à flots, le jeune homme devint accro à l'alcool en premier lieux avant de suivre ses amis et de tester diverses drogues illégales provoquant son addiction incontrôlable. L'ivresse et l'influence furent d'abord dans le but de s'amuser, mais rapidement, ce fut juste pour le plaisir de se défoncer. Eden avait bien tenté de le raisonner, mais elle se confrontait toujours à un homme qu'elle ne reconnaissait plus. Elle passait ses soirées à attendre son retour en plein milieu de la nuit, même par périodes d'examen importantes pour elle. Son histoire n'avait plus rien du compte de fée qu'elle avait longuement imaginé. Elle avait sans doute oublié le diction. Les histoires d'amour finissent mal en général disait-on. Supportant de moins en moins ses absences, Eden avait cru pouvoir le résonner en faisant mine de le quitter. Son sac posé dans l'entrée fit mouche au retour du jeune homme, mais rapidement tout s'était enchainé. Les premiers coups avaient plu par milliers quand aux insultes, elle ne pouvait plus les compter. Ce fut à ce moment qu'elle comprit qu'elle était prisonnière de son emprise et vouée à cacher son lourd secret en espérant qu'un jour il revienne à la raison. Mais en un an de violences domestique, ce ne fut jamais le cas. Son prince charmant s'était transformé en un crapaud baveux.

Eden vivait depuis une longue année dans la crainte constante dès qu'elle entendait la porte d'entrée s'ouvrir en pleine nuit. Son quotidien était rythmé par son mensonge, ses pleurs et les coups qu'elle subissait chaque soir. Elle sursautait au moindre bruit. La journée était une échappatoire pour la jolie brune qui était plus en sécurité que jamais, mais la nuit tombée, son enfer recommençait chaque jour comme si un sort lui avait été jeté. Sursautant sous la sonnerie marquant la fin des cours, Eden reprit son calme et se rafraichit avant de prendre le chemin du retour, pour se préparer à son enfer.  Allongée dans le lit, la jeune femme ne parvenait pas à fermer l'œil, sachant que Jay pouvait rentrer n'importe quand. Lorsqu'enfin elle entendit ses pas, reconnaissables entre milles, dans la cage d'escalier, son cœur se serrait et sa fréquence cardiaque augmentait. Les hostilités allaient bientôt commencer. Prenant une douche pour se rafraichir, Jay la rejoignit dans le lit, commençant à la toucher, glissant ses mains sous son haut. La jeune femme repoussait doucement les mains de son compagnon, espérant qu'il la laisse tranquille mais les premiers coups tombaient rapidement. Bloquée, maintenue par ses cheveux d'une force de brute, elle fut contrainte à se soumettre sexuellement à lui avant de subir de nouveaux coups, une fois la chose terminée. La lèvre en sang, le visage tuméfié, le corps d'Eden souffrait tout entier. Ses os craquaient sous la force de son compagnon et son sang ruisselait sur sa peau pâle. La douleur était son quotidien. Elle encaissait les coups malgré ses cris de douleurs, jusqu'à ce que l'homme ne s'appuie contre le mur, la tête lui tournant sous son imprégnation alcoolique. Il n'en fallait pas plus pour qu'Eden se refugie dans la salle de bain, fermée à clé , attrapant son portable en composant un numéro. Pas le 911, non. La jeune femme sanglotait, la tête lui tournant sous la douleur avant d'entendre la voix endormie de son interlocuteur. « Monsieur Cameron... C'est Eden... Eden Gallagher... Il a recommencé. Il va me tuer cette nuit. »

Murmurait elle d'une voix faiblissant, sous les cris de Jay et ses coups dans la porte. La jeune femme poussait ensuite un cris de torture lorsque la porte cédait sous la force du jeune homme. Hurlant à la mort, Eden avait fait tombé son portable, cassé sous le fracas. Plus furieux que jamais, la jeune femme fut jetée au sol et martelée de coups bien plus forts que les précédents.  Eden perdait peu à peu conscience mais malgré sa vision trouble, elle vit parfaitement Jay au sol, sous les coups du professeur venu à son secours. Il était là. Il était venu la sauver. Son enfer prenait fin ce jour, si sa vie ne prenait pas fin avant. Tentant de se mettre debout, la jeune femme ne tint même pas sur ses jambes et s'écrasait au sol, perdant conscience contre le mur de la chambre. Seuls les appels de son professeur tentant de la ramener à elle lui prouvaient qu'elle était encore en vie.

Eden fut réveillée par la lumière de la lune sur sa peau. Sa douleur était effroyable et son visage encore tuméfié. Ses plaies étaient chacune désinfectées et pansées. La jeune femme avait sans doute du dormir longuement. Une journée entière sans doute. Elle se levait douloureusement avant de marcher sans trop connaitre l'endroit où elle se trouvait mais le parfum de son professeur sur l'oreiller suffisait à la rassurer. Elle marchait doucement avant de le voir dans le salon, sur son ordinateur portable. Passant devant un miroir dans l'entrée, Eden manquait une respiration en voyant son reflet. Elle était à peine reconnaissable. Les larmes lui montaient aux yeux et son poing partit seul, dans un fracas, brisant le miroir en un cris suivit de larmes. Son reflet, elle ne le supportait plus le moins du monde.



   


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C'est dingue comme de simples yeux peuvent me rendre autant accroc. Et ce sourire. Dents blanches, de belles lèvres doucement rosées qu'on aimerait goûter. Je déposerai les plus beaux baisers sur cette bouche. Ton rire habille mes journées, ta voix rythme mes nuits.  En fait, tu me fais tourner la tête.
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Je m'apelle : S. et j'ai : 19 ans. J'ai débarqué le : 20/06/2016 sur Amazing People. J'ai posté : 7 messages. J'ai choisi : Jamie Dornan comme célébrité et je dois mon avatar à : angel180886 et ma signature à Solosand.

Coucou, moi c'est : Aaron et j'ai : 32 ans. Actuellement, je suis : célibataire et j'ai une préférence : pour les femmes. J'ai : pas d'enfant. Je suis étudiant(e) et je me suis orienté(e) vers : les sciences du comportement. J'ai trouvé un job, je suis : professeur, et consultant pour le FBI. Tu peux me retrouver, si tu le souhaites : à l'université, la plupart du temps.



MessageSujet: Re: EDEN&AARON » Safe in your arms    Ven 24 Juin 2016 - 18:12


  Flesh
and Bone
Eden & Aaron
Safe in your armsCela faisait des jours entiers qu’Aaron réfléchissait à la meilleure manière d’aborder le sujet avec elle. Il avait beau étudier et même enseigner les sciences du comportement depuis un long moment maintenant, il savait parfaitement qu’il n’y avait pas de recettes miracles pour ce genre de chose, qu’il n’y en aurait jamais. Bien au contraire d’ailleurs, il était à peu près sûr que quoi qu’il dise, quel que soit la façon qu’il choisirait pour en parler, Eden l’enverrait sur les roses et nierait tout en bloc. Pourtant, il était certain ou presque qu’il ne se trompait pas; il ne savait pas par qui ou comment, mais d’une manière ou d’une autre, il savait que la jeune femme subissait des violences. Aussi fut-ce avec un sourire contrit, mais sans réel étonnement qu’il accueillit ses arguments lorsqu’enfin il se décida à la retenir à la fin d’un cours. Cependant, sa manière de réagir et de se protéger presque bec et ongle tout en essayant manifestement de rester aussi calme que possible, certainement pour ne pas se trahir, ne fit qu’attiser encore davantage les craintes de son professeur. Sauf qu’il n’avait aucun pouvoir. Il ne pouvait rien faire si elle continuait à nier. Aller voir la police ? Le croirait-on seulement ? Et qui voudrait l'écouter au juste ? Il n’avait pas la moindre preuve de ce qu’il avançait. C’était à elle de parler pour mettre fin à son enfer et malheureusement, il savait mieux que personne à quel point cela pouvait être difficile. « Quoiqu’il en soit, je vous laisse mon numéro. » Joignant le geste à la parole, il lui tendit sa carte, sur laquelle il avait ajouté son portable personnel. « Je sais que vous allez être très tenté de la jeter dès que vous aurez passé cette porte, mais ne le faites pas Eden, s’il vous plait. S’il y a le moindre problème, ou même si vous avez seulement envie de parler, vous m’appelez. De jour ou de nuit, qu’importe, je répondrais, d’accord ? » C’est avec les sourcils froncés qu’Aaron observa la jeune femme franchir rapidement les portes de l’amphithéâtre pour s’en aller. Il espérait de tout coeur qu’elle garde son numéro. Peut-être n’arriverait-elle jamais à l’appeler, mais l’idée qu’elle soit en danger et qu’elle ne puisse pas le joindre était bien loin de le rassurer. Il pensa beaucoup à elle cet après-midi-là tandis qu’il donnait ses cours. À la manière dont il pourrait lui venir en aide, même contre son gré. Il se sentait ailleurs, presque absent. Il parlait, il répondait aux questions de ses étudiants, mais il faisait tout de manière mécanique. Oui, Aaron était inquiet, c’est le moins que l’on puisse dire. Ce qu’elle vivait, il l’avait traversé lui aussi. Sa souffrance était un peu sienne et ce qu’il détestait par-dessus tout, c’était ce sentiment d’impuissance qui lui étreignait le coeur. Eden ne faisait pas partie de sa vie. Elle n’était que l’une de ses élèves et rien ne l’obligeait à vouloir l’aider ou à se soucier de son sort de cette manière. Mais il n’était qu’humain après tout, et surtout, il ne pouvait s’empêcher de se dire que si lui ne le faisait pas, personne ne le ferait jamais.

Lorsque plusieurs heures plus tard, alors qu’il avait dû finir par se résoudre à rentrer chez lui pour dormir un peu, le téléphone d’Aaron sonne, il se redresse brutalement et allume sa lampe de chevet pour pouvoir l’attraper. Sa première pensée lorsqu’il entend la voix tremblante de la jeune femme est de se demander ce qui serait arrivé s’il avait éteint son portable, comme il en avait originellement l’intention lorsqu’il s’était mis au lit. Puis il entend les coups, certainement contre la porte de l’endroit où elle s’est réfugiée et il lève d’un bon, attrapant les premiers habits qui lui passent à portée de main. « Donne-moi ton adresse Eden, j’arrive, je fais aussi vite que possible. Essaie de… » Le vouvoiement a sauté dans la précipitation. Qu’importe, il ne joue plus au professeur maintenant. Il ne joue plus du tout d’ailleurs. La situation est bien trop grave. Essaie de rester en sécurité. C’est ce qu’il s’apprêtait à lui dire. Mais le cri que pousse Eden l’en empêche, lui signifiant par la même occasion qu’elle est bien loin de l’être. Une voix d’homme raisonne, puis un nouveau cri et un bruit sourd. Ensuite, plus rien. Juste une tonalité lui signalant presque douloureusement que l’appel est terminé. Et son sang se glace à l’idée qu’il soit déjà trop tard. Ses mouvements sont fébriles, presque fiévreux, tandis qu’il court jusqu’au salon pour allumer son ordinateur. Dans sa précipitation, il se prend un meuble au passage et il grogne. Bordel de merde, pourquoi a-t-il éteint son PC ? Et surtout, pourquoi n’a-t-il pas pris la peine de noter cette putain d’adresse quelque part ? S’il l’avait fait, il ne serait pas là à pianoter pour la trouver alors qu’Eden est en danger. Son coeur tambourine dans sa poitrine. Le temps qui s’écoule alors qu’il attend que son fichier daigne s’ouvrir lui parait durer une éternité. En vérités, seules quelques secondes passent; enfin, il l’a ! Et Eden n’habite pas si loin que cela de chez lui en plus.

Dans la voiture, il tente de se contrôler pour ne pas appuyer de toutes ses forces sur l’accélérateur. La seule pensée qui tourne en boucle dans son esprit est que ce n’est clairement pas le moment d’avoir un accident. Demain à la rigueur, ou la semaine prochaine. N’importe quand, mais surtout pas maintenant. Aaron a tout de même de la chance de ne pas croiser la police, parce qu’il dépasse toutes les limitations de vitesse, et de très loin. Son souffle est court tandis qu’il grimpe les escaliers à toute vitesse après avoir consulté les boites aux lettres pour trouver le numéro de l’appartement qu’elle occupe. Cependant, c’était superflu parce qu’en réalité, plus il monte, plus les cris le guident. Les siens, mais surtout ceux de l’homme, en furie. Il serre les dents à l’idée que les voisins se doutent probablement de ce qu’il se passe depuis des mois mais qu'ils n’ont même pas pris la peine d’intervenir. Après tout, ce n’était pas leur problème, n’est-ce pas ? Il ne prend même pas la peine de répondre lorsqu’une fois entré dans l’appartement, celui qui doit être le compagnon de la jeune femme se détourne d’elle pour lui demander qui il est et ce qu’il fou là. Un sourire carnassier se dessine sur ses lèvres à la vue de ses yeux rougis par l’alcool et les autres substances qu’il a sans aucun doute absorbées. Il inspire profondément et en un clin d’œil, son poing vient s’écraser dans la figure de Jayden. Il y met toutes ses forces et le jeune homme chancelle. Mais Aaron ne lui laisse pas le loisir de tomber. Du moins, pas encore. Il l’attrape par le col et vient le plaquer brutalement contre le mur, évitant et parant sans grande difficulté les coups. « Bah alors, c’est tout ce que tu sais faire ? C’est sûr, c’est plus facile de s’en prendre à quelqu’un qui ne peut pas rendre les coups hein ? » Et il frappe, encore et encore. Et il se revoit des années en arrière, adolescent chétif, rentrant à la maison avec la boule au ventre à l’idée de ce que son père allait encore lui faire subir. Pour un peu, c’est presque ses yeux bleus à lui qu’il verrait à la place de ceux du jeune homme, désormais recroquevillé au sol. C’est un bruit sourd qui ramène Aaron à la réalité, celui d’Eden, ayant tenté de se relever, qui chute brutalement au sol. Il baisse brièvement le regard vers Jayden, contemplant son visage ensanglanté. Est-il seulement encore conscient ? Le professeur ne le sait même pas. L’idée qu’il vient de perdre totalement le contrôle de ses actes pendant quelques secondes ou peut-être même quelques minutes le terrifient, réellement. Sans doute aurait-il pu tuer le compagnon de la jeune femme si elle ne lui avait pas involontairement remis les pieds sur terre.

Choqué, mais ayant tout de même conscience de l’urgence de la situation, il attrape un sac et se dirige vers la penderie de la chambre pour y fourrer tous les vêtements féminins qui lui passent à portée de main. Eden ne remettrait pas les pieds ici avant un long moment, il y veillerait personnellement. D’ailleurs, il embarque également son sac de cours qu’il trouve dans un coin de la pièce. Puis, après avoir constaté non sans inquiétude que la jeune femme s’est évanouie, et qu’elle ne reprend absolument pas connaissance malgré ses appels répétés, il la soulève sans difficulté aucune pour la porter jusqu’à sa voiture, où il l’allonge précautionneusement sur la banquette arrière. Bien sûr, il songe immédiatement à l’emmener à l’hôpital, mais il entend sa respiration redevenir de plus en plus régulière et il juge qu’il peut s’occuper d’elle lui-même. S’occuper de ses plaies, il peut le faire. Il a acquis de l’expérience en la matière. Et surtout, il ne veut pas trahir son secret. C’est à elle de parler quand elle l’aura décidé, à elle de porter plainte si elle le veut. Il ne la confrontera pas aux regards des autres contre son gré, il aurait bien trop l’impression de la trahir. D’autre part, sur un plan plus personnel, il n’a pas tellement envie de passer la nuit en prison. Ce qui risquerait forcément d’arriver, parce qu’on penserait que c’est lui qui a fait ça. Aussi la ramène-t-il plutôt chez lui. Il passe un long moment à la soigner, après l’avoir installé dans son propre lit. Une colère sourde monte en lui, à mesure qu’il aperçoit ou frôle sans le vouloir des marques plus anciennes, mais non moins profondes que celles qu’il s’efforce maintenant de désinfecter puis de panser les unes après les autres.

Dire que la nuit puis que la journée qui suivent paraissent interminables à Aaron est un doux euphémisme. Physiquement, Eden va bien. Il n’a pas le moindre doute là-dessus, sans quoi il aurait immédiatement appelé une ambulance. Il contrôle sa respiration et ses constantes vitales plusieurs fois toutes les heures. Mais le fait qu’elle dorme autant l’inquiète. A-t-il pris la bonne décision en la ramenant chez lui ? N’aurait-il pas mieux fait de l’emmener à l’hôpital ? Cette question tourne en boucle dans son esprit et l’empêche de se concentrer. Entre deux visites dans la chambre où elle dort, il tente bien de lire quelques devoirs d’étudiant, sans grand succès. Il finit par abandonner l’idée de faire quelque chose de constructif et utilise simplement son ordinateur portable pour jouer en ligne. Concentré, il ne l’entend pas se lever, quelques minutes à peine après qu’il soit allé contrôlé pour la dernière fois qu’elle allait bien. C’est le bruit du poing de la jeune femme qui s’écrase dans le miroir de l’entrée qui lui fait prendre conscience de sa présence et il sursaute, se retournant brusquement vers elle. Son cœur se serre en voyant les larmes qui dévalent ses joues et il n’hésite pas une seconde avant de se lever. Sans un mot, il passe derrière elle et attrape doucement ses poignets, l’obligeant à se retourner face à lui. « Les marques partiront, je te le promets Eden. » Certaines, tout du moins. Pour les autres, elle devra apprendre à vivre avec, comme lui. Debout face à elle, il n’a plus rien du professeur distant et impeccable en toute circonstance qu’elle a l’habitude de voir. Ses yeux sont cernés et il porte un simple survêtement ainsi qu’un t-shirt large. C’est loin des éternels costumes qu’il a lorsqu’il fait cours. Surtout, il n’est pas froid, loin de là. Son regard reflète clairement l’inquiétude qui l’habite. Et bien qu’elle ne puisse pas s’en rendre compte, parce qu’il a l’habitude de cacher ses émotions depuis bien trop longtemps maintenant, il est bouleversé. Bien plus qu’il n’en a lui-même conscience, d’ailleurs. En silence, il l’entraine jusqu’au canapé où il s’assoit avec elle, gardant ses mains prisonnières dans les siennes. « Comment tu te sens, tu as mal ? » Bien sûr qu’elle a mal, ce qu’il veut savoir, c’est à quel point. Il ne la lâche pas des yeux. « Il aurait pu te tuer. » Ce n’est pas un reproche, pas un jugement. Il lâche ça comme il aurait pu lui parler de pizza. Mais il a eu peur, réellement. Sans doute avait-elle raison lorsqu’elle lui avait dit au téléphone que son petit-ami allait la tuer. Il le revoit la frapper, encore et encore, alors qu’elle était déjà à terre et à peine consciente. Et cela lui rappelle des souvenirs qu’il s’est pourtant juré d’enfouir au plus profond de lui-même. « Depuis combien de temps ça dure ? » Ça ne changera pas les choses, mais il a besoin de savoir. Parce qu’il ne peut s’empêcher de se dire que s’il avait été plus attentif, il aurait pu éviter qu’elle souffre à ce point.          
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   Quelqu’un entre dans notre vie et une partie de nous dit : « T’es tout sauf prêt ».
Et l’autre partie dit : « Fait la tienne pour l’éternité ».

   
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MessageSujet: Re: EDEN&AARON » Safe in your arms    Ven 24 Juin 2016 - 23:41

J'arrive pas à te sortir de ma tête.  C'est dingue comme de simples yeux couleur de ciel peuvent me rendre autant accroc. Et ce sourire. Ces belles lèvres doucement rosées qu'on aimerait goûter. Je déposerai les plus beaux baisers sur cette bouche. Ton rire habille mes journées, ta voix rythme mes nuits. En fait, tu me fais tourner la tête. J'espère que tu penses à moi aussi, parce que j'aurai l'air ridicule de t'accorder autant de rêves et de pensées si ce n'était pas réciproque...


Eden parvenait encore à  sentir son parfum comme une présence constante lui rappelant son enfer, le parfum de cet homme qui ce soir encore avait failli la tuer. Il l'aurait sans doute fait si Aaron n'était pas intervenu. Les appels du beau brun étaient tout ce dont elle se souvenait avant ce trou noir qui l'avait ramenée à la réalité le lendemain des faits. Réveillée en sursaut,  le premier réflexe de la brune fut de regarder la pièce,  qui lui était inconnue.  Habituellement se réveiller chez un inconnu n'avait rien de sécurisant mais dans son cas, Eden se sentait soulagée d'un poids. Elle avait quitté l'appartement. En vie qui plus est. La douleur était effroyable, chacun de ses mouvements la faisait gémir de douleur. Ses muscles étaient engourdis, ses os craquaient encore en un bruit abominable. Mais elle était en vie. Peinant à tenir debout,  Eden dut se maintenir pour aligner un pas devant l'autre et voir son sauveur sur son ordinateur. Il ne semblait pas l'avoir aperçue tant il semblait étrangement concentré  mais tellement beau.  Éden se serait  jetée à son cou pour le remercier sI elle n'avait pas vu son reflet dans la glace. Sans maquillage,  son visage était violacé par endroit. Ses fins doigts se posèrent sur sa lèvre fendue. Son cou était lui aussi marqué  quand à ses côtes, elle osait à peine imaginer ce à quoi elle ressemblait.  Les images contre les violences domestiques passant à la télévision n'avaient jamais semblé  si réelles pour la jeune femme attachée à son image. Mais le pire n'était pas tellement son image mais la honte et la culpabilité  qui la rongeait d'avoir laissé les choses en arriver à ce stade sans être parvenue à trouver la force pour dénoncer ces coups.

La douleur n'était que superficielle, au fond son corps tout entier souffrait,  hurlait à la mort même.  Éden ne pouvait même plus sentir le sang couler sur sa main tant son corps était une blessure entière.  Chaque centimètre de sa peau était marqué  que cela soit récent ou non. La jeune femme se laissait tomber au sol dans un bruit lourd, fondant littéralement en larmes tandis que le professeur se rapprochait d'elle d'un pas rapide,  la plaquant contre son torse en maintenant ses mains et la forçant ensuite à le regarder.  Elle aurait préféré  ne jamais avoir à le faire, elle avait eu l'opportunité  de lui faire part de ses violences mais elle avait toujours eu peur des conséquences de son avoeux.  Maintenant qu'il se tenait devant elle, Eden peinait à lever le regard pour soutenir le sien. Elle ne supporterait pas de lire de la pitié  dans ses yeux. Finalement tournée vers lui, Eden levait un peu le regard avant de le baisser presque aussitot. Ses bras se faisaient lourds désormais qu'elle ne les supportait plus.  Ses bras glissant dans le cou de son professeur, la jeune femme se laissait porter dans le sofa ou elle restait blottie contre lui. Il était son sauveur.  Son repère.  Elle avait confiance en lui aveuglement. Ses mains frottant ses yeux rougis, Eden hochait la tête pour signaler sa souffrance et grimaçait en bougeant doucement.  Son corps entier était endolori. Son souffle était encore rapide, Elle peinait à se contrôler bien que son enfer soit terminé.  Il aurait pu te tuer.  Ces mots résonnaient dans sa tête tandis que ses larmes reprirent de plus belle.  Elle savait parfaitement qu'il aurait pu la tuer mais elle avait longuement cru qu'il changerait. Et elle avait aussi espéré  trouver la force de fuir, en vain.

Lorsque la jeune femme  reprit enfin ses esprits, elle articulait quelques mots effroyables qui semblaient glacer son professeur. 《Un an... Cela dure depuis un an.》 Murmurait elle. Biensur il ne s'était pas toujours montré  si violent mais le tout début des coups avait eu lieu un an auparavant. Une année d'enfer rythmé  par de nombreuses blessures soignées avec les moyens du bords. Éden savait que certaines femmes n'avaient pas eu la chance de tenir une année entière.  Certaine mourraient sous les coups. Mais en vérité  si Aaron n'était pas intervenu ce serait aussi son cas... Elle le savait. 《Merci... merci d'être venu. De m'avoir sauvée... merci》 Murmurait elle avant  de constater que lui aussi avait été blessé, mais visiblement plus préoccupé  par le sort de la jolie brune, il en avait oublié  de se soigner lui même.  D'une main tremblante,  Eden caressait les lèvres fendues du jeune homme. 《Vous êtes blessé ... je suis tellement désolée》 s'excusait elle avant d'attraper un coton posé  sur la table pour soigner doucement ses plaies à son tour sans quitter ses bras.  Son regard plongé  dans celui d'Aaron, Eden glissait ses bras contre son torse et le serrait le plus fort possible, les yeux clos. Elle avait eu si peur.  Elle était tellement terrifiée qu'elle restait dans cette position durant des heures sans s'en apercevoir.  Des heures pendant lesquelles elle dormait doucement avant de s'éveiller par le rayon du soleil. Elle sentait la main d'Aaron caresser le bas de son dos dans son sommeil.  Il était si beau  endormi qu'elle se permit de le regarder longuement après s'être autorisé  une douche et avoir revêtu un jogging et un haut du jeune homme dans lesquels elle baignait littéralement. Éden était infiniment reconnaissante mais elle ne parvenait pas à quitter l'homme du regard.  Inconsciemment elle savait qu'ils étaient liés mais elle ne savait pas le moins du monde comment cela pouvait être possible.  Elle avait envie de s'excuser de s'être endormie dans ses bras, mais en vérité elle avait passé  une nuit plus que paisible contre lui. Il suffisait à l'apaiser. Étrangement,  Eden sentait un lien particulier entre eux mais elle ne parvenait pas à définir lequel jusqu'a ce qu'il lui apparaisse comme une évidence. Usant de ses cours pour créer son profil,  Eden étudiait chacune de ses expression signifiant chacune quelque chose. Il avait lui même été victime de violence, voilà comment il l'avait compris. Voilà pourquoi il la sauvait. Coupée dans sa réflexion par le réveil du beau brun, elle esquissait d'abord un  sourire avant de murmurer. 《Vous  aussi n'est ce pas... Vous avez subit des violences. Vous me comprenez parce que vous savez ce que je vis》 Murmurait elle avant de voir le visage du jeune homme se crisper. Elle était désormais sûre d'avoir touché  une corde sensible.  Elle était plus mal à l'aise que jamais...



   


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MessageSujet: Re: EDEN&AARON » Safe in your arms    Sam 2 Juil 2016 - 2:39


  Flesh
and Bone
Eden & Aaron
Safe in your armsDix ans. Cette année, cela fera dix ans qu’il a quitté New York. Dix ans qu’il a fait une croix définitive, ou tout du moins c’est ce qu’il croyait, sur son ancienne vie et sur son histoire. Dix ans qu’il essaie d’oublier, de passer à autre chose, de se reconstruire. Il s’est battu pour ça, il y a mis toute son énergie. Mais force est de constater que ses vieux démons sont toujours là, tapis dans l’ombre, attendant le pire moment pour ressurgir. Comme lorsqu’il rentre chez Eden et Jayden ce soir-là par exemple. Des flashs lui reviennent. En pleine journée, cela ne lui était pas arrivé depuis bien longtemps. Pour ce qui est de la nuit, c’est quotidien, mais il a fini par se résoudre à l’idée que ça ne disparaitrait pas. En pénétrant dans la salle de bain, il se revoit adolescent, revenant dans la maison familiale après une journée de cours et tombant sur une scène similaire à celle qui se joue sous ses yeux. Sa mère est au sol, recroquevillée sur elle-même. Son visage est tordu dans une affreuse grimace qui témoigne de sa souffrance, mais elle ne crie même pas. Cela fait des mois qu’elle a appris à ne plus crier. Quant à son père, il est penché au-dessus d’elle et il frappe. Partout, surtout là où ça fait mal. Les côtes, le bas du ventre, le dos, la tête, il n’oublie rien. Même si c’est loin, très loin d’être la première fois que ça arrive, le jeune Aaron est terrorisé. Malgré tout, il prend son courage à deux mains et il intervient. Il détourne l’attention de son père, qui titube jusqu’à lui, la démarche entravée par la quantité d’alcool qu’il n’a pas manqué d’absorber, pour changer. Les yeux de l’adolescent se ferment d’eux-mêmes tandis que le Monstre, comme il a tendance à l’appeler dans sa tête depuis qu’il est tout petit, se saisit de sa ceinture qu’il utilise comme un fouet. C’est à son tour d’avoir mal maintenant, tandis que sa mère le regarde, impuissante, les larmes dévalant silencieusement ses joues. C’est pour ça qu’il perd le contrôle tandis qu’il s’en prend à Jayden, il le sait. Parce qu’il a replongé brutalement dans son passé. Sauf que cette fois, ce n’est pas son père, mais lui qui a le pouvoir. Et le lendemain, tandis qu’Eden est en sécurité dans sa propre chambre et qu’elle récupère, il repense à ce moment et il ne manque pas d’être complètement paniqué à l’idée qu’à ce moment précis, aveuglé par la rage, c’est vraiment ce qu’il a voulu. Blesser, faire mal, voire même pire. Sans le malaise de la jeune femme, il ne sait même pas jusqu’où il aurait été capable d’aller, rien que par volonté de se prouver que désormais, c’était lui le loup et non plus le petit animal effrayé qu’il avait été auparavant.

Lorsqu’elle se réveille enfin, Aaron est sur son ordinateur, concentré sur le jeu en ligne auquel il s’efforce de jouer - sans grand succès cependant - pour échapper aux pensées et aux questions qui l’assaillent de toute part. C’est le bruit de la jeune femme qui frappe de toutes ses forces dans le miroir qui le ramène à la réalité et il s’empresse d’aller vers elle, la redressant et l’obligeant à se tourner face à lui pour pouvoir la serrer dans ses bras. Elle est si faible que ses jambes se dérobent sous elle et il la porte jusqu’au canapé où il s’installe avec elle, ne rechignant pas lorsqu’elle vient se blottir contre lui. Là encore, il comprend. Elle a mal, et peur sans doute. Parce que même si elle a quitté son appartement, l’ombre de Jayden plane toujours au-dessus de sa tête. Il lui faudra certainement un long moment avant de se sentir complètement en sécurité et il se promet qu’il sera là pour elle tant que c’est nécessaire, quoi qu’il lui en coûte. Ce qu’elle vit en ce moment même fait bien trop écho à ce qu’il a traversé lui-même pour qu’il envisage de l’abandonner et de la laisser se débrouiller seule. Un long travail de reconstruction va devoir se faire avant qu’elle ne puisse à nouveau commencer à vivre normalement. Pour peu, le jeune homme se serait presque giflé lorsque les larmes font de nouveau leur chemin au creux des joues d’Eden après qu’il n’ait pu s’empêcher de laisser échapper que son petit-ami aurait pu la tuer. Il a laissé parler l’émotion ressentie au cours des dernières heures sans songer un seul instant à l’effet que ses mots auraient sur elle. « Pardon, pardon, je suis désolé… » Il caresse doucement ses cheveux tout en murmurant cela, se sentant horriblement coupable d’être responsable de ses pleurs. Lorsqu’elle parvient à se calmer, elle répond à la question qu’il lui a posée. Un an. Un an que cela dure. Qu’elle subit les coups, et certainement bien plus encore, sans broncher. Qu’elle rentre chez elle la boule au ventre à l’idée de le revoir. Et il n’a rien vu. Il sait que ce n’est pas sa faute, qu’elle aurait pu lui parler d’elle-même si elle l’avait vraiment voulu, mais il ne peut s’empêcher de se dire que s’il avait fait preuve d’un peu de bons sens plus tôt, elle n’en serait pas là, elle n’aurait pas manqué de mourir. Aussi sourit-il, plutôt amer lorsqu’elle le remercie d’être venu la chercher. « J’aurais dû être capable de comprendre avant. » C’est aussi le but de son métier après tout non ? Et il avait échoué pour le coup. Il a un mouvement de recul involontaire lorsque les mains de la jeune femme glissent sur ses lèvres, n’ayant pas l’habitude qu’on le touche de la sorte. Mais effectivement, il ne s’est absolument pas aperçu qu’il est blessé, bien trop occupé qu’il était à veiller Eden pour s’assurer qu’elle allait bien. « Ce n’est rien du tout, je ne l’avais même pas senti. » Il grimace légèrement tandis qu’elle le soigne, luttant contre l’envie irrépressible de s’échapper. Ce n’est pas ce qu’il veut vraiment bien sûr, mais chaque fois qu’on le touche, son corps tressaute sans qu’il ne puisse rien y faire, comme s’il craignait encore qu’on puisse lui faire du mal. Lorsqu’elle a fini et que ses mains glissent sur son torse, Aaron la serre contre lui, sentant presque les sentiments de peur et de panique qui s’échappent d’elle. Elle finit par s’endormir et il hésite à la ramener dans sa chambre, songeant qu’elle serait certainement mieux installée dans un lit. Cependant, il sait aussi qu’il est fort possible qu’elle fasse des cauchemars, comme lui en fait presque toutes les nuits depuis des années. Aussi préfère-t-il s’installer plus confortablement tout en la gardant serrée contre lui. Épuisé par sa nuit précédente et par l’inquiétude qui l’a rongée durant toute la journée alors qu’il attendait qu’elle se réveille, il se tortille un peu pour attraper de quoi soigner et panser sa main et ne tarde pas à s’endormir à son tour, une fois chose faite.

Étrangement, Aaron dort relativement bien cette nuit-là. Quelques images désagréables viennent peupler ses rêves, comme toujours, mais la sensation de la jeune femme étendue contre lui suffit à le rassurer sans qu’il ne s’en rende réellement compte. Aussi ne s’agite-t-il pas vraiment, se rapprochant simplement inconsciemment d’elle pour trouver le réconfort dont il a besoin. C’est le regard d’Eden qu’il sent peser sur lui qui l’éveille et il ouvre doucement les yeux, s’étirant avant de répondre à son sourire. C’est fou, parce qu’il se rend compte qu’il avait complètement oublié ce que c’est que de se réveiller après une bonne nuit de sommeil, bien reposante. Il fait tellement de cauchemars et d’insomnies qu’il est perpétuellement fatigué, même s’il parvient à gérer et à donner le change malgré tout. Cependant, sa bonne humeur s’éteint immédiatement lorsqu’elle prend la parole pour lui demander s’il a lui aussi subi des violences. Ou plus exactement pour obtenir une confirmation. À son expression, il se doute qu’elle a dû essayer d’établir son profil, comme il le lui a lui-même enseigné. Il vient de se faire prendre à son propre jeu, et cela ne lui plait pas du tout, il doit bien l’admettre. Son sang se glace et son visage se ferme immédiatement. En un éclair, il est redevenu l’homme froid qui lui fait cours depuis le début de l’année, le masque est apparu. Et elle ne le quitte pas des yeux, étudiant chacune de ses réactions pour s’assurer qu’elle ne s’est pas trompée. « Arrête. » Le mot claque dans l’air, plus brutalement qu’il ne l’aurait voulu. « N’essaies pas de m’analyser Eden, s’il te plait. » De toute manière, il est déjà trop tard. Son comportement vient de sonner comme un aveu, il le sait bien. Et même dix ans plus tard, il ne supporte pas la sensation de s’être fait percer à jour de la sorte. Il soupire et se lève, véritablement agacé. Surtout contre lui-même en fait, parce qu’il sait qu’il n’y a aucune raison valable pour qu’il réagisse de la sorte. « J’ai compris ce qu’il se passait parce que c’est mon métier et parce que c’est aussi ce qu’on me demande de faire au FBI, c’est tout ce que tu as à savoir. » Il inspire profondément pour chasser sa colère parce qu’il a bien conscience qu’elle ne pensait pas à mal, bien au contraire d’ailleurs. C’est naturel qu’elle ait besoin de savoir ça. C’est juste qu’il n’est pas prêt à lui en parler. Pas maintenant, pas comme ça. Peut-être cela viendra-t-il. Ou peut-être pas. Il n’en a pas la moindre idée pour le moment. « Pour tes blessures… » Il s’adoucit un peu en prononçant ses mots. « J’ai fait ce que je pouvais avec ce que j’avais pour les soigner, mais il faudrait que tu ailles voir un médecin, je pourrais t’emmener si tu le souhaites… » Il se dirige ensuite vers la cuisine, attrapant du café moulu dans le placard pour pouvoir faire marcher la cafetière. « Je n’ai pas grand-chose pour le petit déjeuner. Café et biscotte beurrée ça te va ? Ou du thé peut-être ? » Aaron se tourne dans la direction de la jeune femme, un peu honteux de s'être emporté contre elle sans avoir pu s'en empêcher. Ce n'est pas du tout ce dont elle a besoin, il le sait bien...
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MessageSujet: Re: EDEN&AARON » Safe in your arms    Aujourd'hui à 5:32

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